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Chenard & Walcker Torpedo T.T. (1921)


A l'origine, et comme pour beaucoup d'autres constructeurs, la marque fondée par Ernest Chenard et Henry Walcker est spécialisée dans la fabrication de tricycles et quadricycles à moteurs, motocyclettes et autres quadrillettes. Deux ans seulement après la création de l'entreprise, la première voiture est fabriquée. C'est encore un mélange entre les véhicules légers qui sont la spécialité de la maison et une vraie voiture. Elle est toujour mue grâce à une courroie et non par un arbre de transmission, ce qui a pour effet de considérablement faire perdre de la puissance au petit moteur monocylindre de 4 ou 5 chevaux. Dès le second modèle, la transmission sera conçue avec un arbre à cardan avec un moteur bicylindre de 8 ou 10 chevaux.

La marque se fait un nom en 1902 en remportant le criterium de la consommation organisé par le magasine "Auto-Vélo". Sur un trajet entre Suresnes et Corbeil, les voitures doivent effectuer un trajet de 100 km le plus vite possible en consommant le moins possible avec deux personnes à bord, le chauffeur et un commissaire à bord pour vérifier la régularité de la course. Henri Walcker remporte la course avec la consommation la plus basse (6,47 litres) et la meilleure moyenne (4h22) pour effectuer le parcours. Beaucoup de réclamations sont portées par la concurrence et Walcker propose de refaire l'épreuve avec un commissaire issu d'un concurrent dans chaque voiture. Walcker enfonce le clou avec une consommation de seulement 5,5 litres et seulement cinq minutes de plus sur le parcours. Cette fois, la victoire est incontestable, triomphale. La réputation des Chenard & Walcker est assise : économiques, rapides et fiables. Dès l'année suivante, une Chenard & Walcker bat en Angleterre le record de consommation sur 100 miles.

En 1903, la course Paris-Madrid est une véritable hécatombe, tant chez les pilotes et mécaniciens que dans la foule qui jalonne le parcours. A Bordeaux, le gouvernement interrompt la course et seule la catégorie Tourisme est autorisée à poursuivre jusqu'à Madrid. Une Chenard et Walcker atteint Madrid sans la moindre défaillance, et reviendra à Paris de la même manière. Etant donné les circonstances, il n'y aura pas de classement. Pour autant, Chenard et Walcker hausse sa réputation. Une victoire sur la course New Dehli - Bombay fait rayonner le prestige à l'étranger, tant et si bien que le Prince de Galles choisit une de ces voitures pour son périple en Inde.

Le développement est tel que la transformation de la petite société en société anonyme est indispensable. La levée de fonds permet de quitter l'atelier d'Asnières pour s'installer dans une usine à Gennevilliers. La capacité de production est alors de 250 châssis par mois. En 1909, un jeune ingénieur, Jean Retel, est embauché avec pour tâche de réorganiser administrativement la société tandis qu'Henri Toutée, ingénieur également, est chargé de la conception des voitures.

C'est ainsi qu'apparaissent les premiers moteurs à culasse en aluminium, le graissage forcé des bielles et vilebrequin, la boite à quatre rapports. Ainsi, Chenard & Walcker est une marque à la pointe de la technologie, communiquant grandement sur ce thème, sur la qualité de construction, le silence de fonctionnement.

En 1912, il y a cinq modèles dans la gamme dont la plupart son animé par un moteur 4 cylindres de 1,2 ou 1,5 litres. Mais cette même année, au mois de juin, Henri Walcker est hospitalisé pour une appendicite. Il décède malheureusement de cette opération le 20 juin, et emporte avec lui l'âme profonde de ses voitures.

Par la suite la marque suivra l'effort de guerre en fabriquant des obus et se relancera dans la production automobile ensuite. Elle remportera de très belles victoires aux 24 Heures du Mans (trois consécutives). Elle sera absorbée par Chausson en 1935. Chenard tentera de produire des voitures utilitaires à son nom après guerre, mais sera également absorbé pas Chausson en 1950. Il n'en restera que le fameux D3 au "nez de cochon" qui sera badgé Peugeot. et c'en sera fini d'un constructeur automobile français dont le savoir-faire dépassait de loin la concurrence.